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Pierre Reverdy, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 1953 -by Gisèle Freund

Couvre-Feu
Un coin où l’on est à l’abriLes colonnes se dressentIl fait nuitUne seule lampe qui veilleAu fondIl y a une merveilleDes têtes qu’on ne connait pasAu murDes plans qui se ressemblentEt la mienneEntre nous deux l’air chaud qui trembleUn souvenirEntre quatre mursLe soirPersonne ne parle
— Pierre Reverdy, in Les Ardoises du toit, 1918 (Oeuvres complètes, tome I, Flammarion, 2010)

photo from rmn

Pierre Reverdy, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 1953 -by Gisèle Freund

Couvre-Feu

Un coin où l’on est à l’abri
Les colonnes se dressent
Il fait nuit
Une seule lampe qui veille
Au fond
Il y a une merveille
Des têtes qu’on ne connait pas
Au mur
Des plans qui se ressemblent
Et la mienne
Entre nous deux l’air chaud qui tremble
Un souvenir
Entre quatre murs
Le soir
Personne ne parle

— Pierre Reverdy, in Les Ardoises du toit, 1918 (Oeuvres complètes, tome I, Flammarion, 2010)

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Gisèle Freund, 1973-74 -by Allan Porter  [+]
from l’oeil de la photographie

Gisèle Freund, 1973-74 -by Allan Porter  [+]

from l’oeil de la photographie

Susana Soca, Paris, 1939 -by Gisèle Freund  [+]

Susana Soca
Con lento amor miraba los dispersoscolores de la tarde. Le placíaperderse en la compleja melodíao en la curiosa vida de los versos.No el rojo elemental sino los griseshilaron su destino delicado,hecho a discriminar y ejercitadoen la vacilación y en los matices.Sin atreverse a hollar este perplejolaberinto, atisbaba desde afueralas formas, el tumulto y la carrera,como aquella otra dama del espejo.Dioses que moran más allá del ruegola abandonaron a ese tigre, el Fuego.
— Jorge Luis Borges, in El hacedor, 1960

photo from RMN

Susana Soca, Paris, 1939 -by Gisèle Freund  [+]

Susana Soca

Con lento amor miraba los dispersos
colores de la tarde. Le placía
perderse en la compleja melodía
o en la curiosa vida de los versos.
No el rojo elemental sino los grises
hilaron su destino delicado,
hecho a discriminar y ejercitado
en la vacilación y en los matices.
Sin atreverse a hollar este perplejo
laberinto, atisbaba desde afuera
las formas, el tumulto y la carrera,
como aquella otra dama del espejo.
Dioses que moran más allá del ruego
la abandonaron a ese tigre, el Fuego.

— Jorge Luis Borges, in El hacedor, 1960

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Jules Supervielle à l’Estancia Agueda (Uruguay), ca 1941 -by Gisèle Freund  [+]

Encore frissonnantSous la peau des ténèbresTous les matins je doisRecomposer un hommeAvec tout ce mélangeDe mes jours précédentsEt le peu qui me resteDe mes jours à venir.Me voici tout entier,Je vais vers la fenêtre.Lumière de ce jour,Je viens du fond des temps,Respecte avec douceur Mes minutes obscures, Épargne encore un peuCe que j’ai de nocturne,D’étoilé en dedansEt de prêt à mourirSous le soleil montantQui ne sait que grandir.
— Jules Supervielle, in La Fable du Monde, 1938

photo from RMN

Jules Supervielle à l’Estancia Agueda (Uruguay), ca 1941 -by Gisèle Freund  [+]

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur 
Mes minutes obscures, 
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

— Jules Supervielle, in La Fable du Monde, 1938

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Pablo Neruda at home, Chili, 1944 -by Gisèle Freund  [+]
from rmn

Pablo Neruda at home, Chili, 1944 -by Gisèle Freund  [+]

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«Vive la vie!» Gisèle Freund sur sa terrasse, rue Lakanal, Paris, 1934 -by Gisèle Freund  [+]
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«Vive la vie!» Gisèle Freund sur sa terrasse, rue Lakanal, Paris, 1934 -by Gisèle Freund  [+]

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Marc Chagall and Jacques Prévert, Saint-Paul-de-Vence, 1954 -by Gisèle Freund  [+](voir aussi)
from rmn

Marc Chagall and Jacques Prévert, Saint-Paul-de-Vence, 1954 -by Gisèle Freund  [+]
(voir aussi)

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Jorge Luis Borges, Buenos Aires, 1943 -by Gisèle Freund  [+] and [EGyB]
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Jorge Luis Borges, Buenos Aires, 1943 -by Gisèle Freund  [+] and [EGyB]

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Pierre Reverdy, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 1953 -by Gisèle Freund

Couvre-Feu
Un coin où l’on est à l’abriLes colonnes se dressentIl fait nuitUne seule lampe qui veilleAu fondIl y a une merveilleDes têtes qu’on ne connait pasAu murDes plans qui se ressemblentEt la mienneEntre nous deux l’air chaud qui trembleUn souvenirEntre quatre mursLe soirPersonne ne parle
— Pierre Reverdy, in Les Ardoises du toit, 1918 (Oeuvres complètes, tome I, Flammarion, 2010)

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Pierre Reverdy, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 1953 -by Gisèle Freund

Couvre-Feu

Un coin où l’on est à l’abri
Les colonnes se dressent
Il fait nuit
Une seule lampe qui veille
Au fond
Il y a une merveille
Des têtes qu’on ne connait pas
Au mur
Des plans qui se ressemblent
Et la mienne
Entre nous deux l’air chaud qui tremble
Un souvenir
Entre quatre murs
Le soir
Personne ne parle

— Pierre Reverdy, in Les Ardoises du toit, 1918 (Oeuvres complètes, tome I, Flammarion, 2010)

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Gisèle Freund, 1973-74 -by Allan Porter  [+]
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Susana Soca, Paris, 1939 -by Gisèle Freund  [+]

Susana Soca
Con lento amor miraba los dispersoscolores de la tarde. Le placíaperderse en la compleja melodíao en la curiosa vida de los versos.No el rojo elemental sino los griseshilaron su destino delicado,hecho a discriminar y ejercitadoen la vacilación y en los matices.Sin atreverse a hollar este perplejolaberinto, atisbaba desde afueralas formas, el tumulto y la carrera,como aquella otra dama del espejo.Dioses que moran más allá del ruegola abandonaron a ese tigre, el Fuego.
— Jorge Luis Borges, in El hacedor, 1960

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Susana Soca, Paris, 1939 -by Gisèle Freund  [+]

Susana Soca

Con lento amor miraba los dispersos
colores de la tarde. Le placía
perderse en la compleja melodía
o en la curiosa vida de los versos.
No el rojo elemental sino los grises
hilaron su destino delicado,
hecho a discriminar y ejercitado
en la vacilación y en los matices.
Sin atreverse a hollar este perplejo
laberinto, atisbaba desde afuera
las formas, el tumulto y la carrera,
como aquella otra dama del espejo.
Dioses que moran más allá del ruego
la abandonaron a ese tigre, el Fuego.

— Jorge Luis Borges, in El hacedor, 1960

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Jules Supervielle à l’Estancia Agueda (Uruguay), ca 1941 -by Gisèle Freund  [+]

Encore frissonnantSous la peau des ténèbresTous les matins je doisRecomposer un hommeAvec tout ce mélangeDe mes jours précédentsEt le peu qui me resteDe mes jours à venir.Me voici tout entier,Je vais vers la fenêtre.Lumière de ce jour,Je viens du fond des temps,Respecte avec douceur Mes minutes obscures, Épargne encore un peuCe que j’ai de nocturne,D’étoilé en dedansEt de prêt à mourirSous le soleil montantQui ne sait que grandir.
— Jules Supervielle, in La Fable du Monde, 1938

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Jules Supervielle à l’Estancia Agueda (Uruguay), ca 1941 -by Gisèle Freund  [+]

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur 
Mes minutes obscures, 
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

— Jules Supervielle, in La Fable du Monde, 1938

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Pablo Neruda at home, Chili, 1944 -by Gisèle Freund  [+]
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Pablo Neruda at home, Chili, 1944 -by Gisèle Freund  [+]

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«Vive la vie!» Gisèle Freund sur sa terrasse, rue Lakanal, Paris, 1934 -by Gisèle Freund  [+]
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«Vive la vie!» Gisèle Freund sur sa terrasse, rue Lakanal, Paris, 1934 -by Gisèle Freund  [+]

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Marc Chagall and Jacques Prévert, Saint-Paul-de-Vence, 1954 -by Gisèle Freund  [+](voir aussi)
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Marc Chagall and Jacques Prévert, Saint-Paul-de-Vence, 1954 -by Gisèle Freund  [+]
(voir aussi)

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Jorge Luis Borges, Buenos Aires, 1943 -by Gisèle Freund  [+] and [EGyB]
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Mostly photography, litterature, cinema...

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